Delphi
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Histoire De Delphi

Le site de Delphes n’a pas été choisi par hasard dans l’antiquité pour la construction du temple et de l’oracle d’Apollon, ni pour leur attribut comme «nombril de la terre». Le site a une dynamique incroyable grace au flux d’ énergie forte; en plus il est fortifié d’une manière naturelle, il a une vue magnifique sur le golfe d’ Itéa, il est caractérisé par une riche végétation et par des sources d’eau et il a un emplacement stratégique sur les routes montagneuses de la Grèce centrale.

Il est possible que dans cette région existait auparavant un sanctuaire dédié à Gaea (la Terre), en raison des cavités du terrain, d’où du gaz fut libéré; quiconque venait en contact avec ce gaz chutait en transe. Selon la mythologie, cet ancien oracle était gardé par le serpent Python. Le dieu Apollon a réussi à tuer la bête et puis l’oracle s’est passé sous sa juridiction. Cependant, il est possible que cette «préhistoire» de la région est une construction mythologique postérieure.

Dans l’Iliade l’oracle est déjà mentionné comme riche et puissant. Il semble qu’il a fleuri à la fin de la période archaïque et au début de la période classique, lorsque le temple d’Apollon a été érigé pour abriter l’oracle et l’archive oraculaire. Celle-là était la période de construction de plusieurs trésors des villes grecques, où les ex-votos ont été abrités, soit à cause de leur caractère précieux soit à cause de leur importance pour la mémoire collective des citoyens (butin de batailles etc). L’oracle a été lié à deux aspects importants de l’histoire grecque: la colonisation et l’Amphictyonie. Selon la tradition, les villes grecques demandaient à l’oracle de Delphes de leur suggérer un emplacement pour y établir chaque nouvelle colonie. De l’autre part, après la Première Guerre Sacrée, le temple est devenu le siège de l’Amphictyonie, à savoir de la confédération de la Grèce Centrale, un fait qui allait sceller l’histoire de Delphes. Dans la même période se sont établis de façon permanente les Jeux Pythiques, les concours athlétiques sacrés en l’honneur d’Apollon Pythien, qui ont acquis un statut panhellénique ainsi qu’un prestige semblable à celui des Jeux Olympiques.

L’évolution de Delphes dans le monde antique ne fut donc pas fortuit et alors la déclaration du site archéologique comme site du patrimoine mondial ne fut pas au hasard. L’amélioration de l’ensemble architectural à travers des fouilles systématiques à la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, le danger qu’il face en raison de la pente et le glissement de la terre et en particulier l’importance de Delphes comme oracle et centre de l’évolution politique et culturelle, comme un sanctuaire panhellénique et un endroit où les jeux panhelléniques ont été organisés, rend absolument nécessaire la préservation de son histoire et des vestiges archéologiques ainsi que des valeurs qui ont émergé à travers le sanctuaire.

Le résumé des plus importants de ces valeurs-ci se trouve dans les maximes de Delphes, qui furent inscrites dans le vestibule du temple, et qui se sont développées en symboles de la pensée grecque, diffusées jusqu’aux extrémités du monde grec.

Voir aussi: A la base des sources écrites, les versions suivantes du mythe sur la fondation du Sanctuaire de Delphes et Le développement historique de l’Oracle

Apollon était le dieu qui symbolise la lumière et la régénération et qui protégeait les arts et les manifestations spirituelles les plus élevées.

Les qualités et les caractéristiques d’Apollon

Il y a beaucoup de versions mythologiques sur la naissance et les actions du dieu. Apollon est né le 7ème jour du mois Vyssios, le premier mois du printemps. Quand il était encore enfant, il a dû tuer avec son arc le Python, le dragon ou serpent qui symbolise les pouvoirs de la pègre. Selon une autre version, il a tué le dragon à Tempi ou en Crète quand il était plus âgé et puis il s’est exilé au pays des Hyperboréens, afin d’être purifié de l’assassination. Dans l’Attique on célébrait le retour d’Apollon du pays des Hyperboréens et la régénération qui a suivi au 6ème et 7ème jour du mois Thargélion; le premier jour on déplorait et le second on chantait des hymnes joyeux. La relation d’Apollon avec la pègre et sa position dominante dans le jeu éternel de la mort et de la renaissance est symbolisée par la conviction que dans le trépied de Delphes avaient été enterrés les restes de Python ou, selon les philosophes orphiques, du corps de Dionysos démembré par les Titans.

L’élément le plus important du culte d’Apollon, provenant précisément de sa relation avec la pègre et de sa domination sur elle, est l’art divinatoire. Selon la «théologie» qui s’est développé autour du culte de Delphes, Apollo s’ incarnait dans la Pythie et donnait les oracles lui-même. En prolongeant ce pouvoir, Apollon est devenu le régulateur de la vie politique et sociale. Le fait que la première codification de la législation a eu lieu sur les murs des temples d’Apollon est relatif à cela.

Un autre attribut bien connu d’Apollon était la musique. Tant dans la mythologie que dans l’art Apollo joue soit la guitare ou la lyre. Sa représentation sous cette forme est relativement précoce, comme le prouve une statuette béotienne de Thespies. Un autre mythe, lié à la musique, en particulier parmi les artistes des périodes postérieures, était celle de la compétition contre le satyre Marsyas, qui a osé défier le dieu en disant que la flûte était supérieure à la lyre. Apollon fut furieux car il a presque perdu au concours et il a puni Marsyas très sévèrement: il l’ a attaché à un arbre et l’a écorché vivant. Dans le mythe de Marsyas, cependant, c’est évident un élément fondamental du culte du dieu ainsi que de la pensée philosophique suivante, c’est à dire la différenciation entre l’élément apollinien, symbolisant la lumière, la clarté de l’esprit et des idéaux élevés, et l’élément dionysiaque, symbolisant le monde des passions et la transe. Cette distinction serait plus tard adoptée par la pensée européenne, culminant dans la philosophie de Nietzsche.

Sanctuaires d’Apollon

La mise en place du culte d’Apollon est attestée sur la base de l’archéologie autour de 1000-800 avant J.-C. En Delphes, la fonction du site comme centre du culte est archéologiquement attestée dès 860 avant J.-C., et a évolué tout au long du VIIIème siècle avant J.C. D’ autres sanctuaires importants d’Apollon sont situés sur l’île de Délos, lieu de naissance du dieu et de sa sœur, Artémis, à Phigaleia (temple d’Apollon Épicourios) ainsi qu’en Didymes (une ville-temple près de Milet), à Claros et Colophon ainsi que dans certains sanctuaires pas bien connus et pourtant très précoces (IXe siècle av. J.-C.) à Yria (Naxos) et en Epidaure. Le culte d’Apollon a également été transmis à Rome assez tôt: à partir du sanctuaire et oracle de Cymae en Asie Mineure, le culte a été introduite à Rome en 431 avant J.C., afin de protéger les Romains d’une épidémie. Il était probablement la première divinité grecque à avoir été incorporée dans le panthéon romain.

Les prêtres, les rituels, les festivals

Dans chacune des régions où l’on adorait Apollon les rituels du culte étaient, bien sûr, différentes. Pourtant, le culte d’Apollon en Delphes eux-mêmes est probablement plus intéressant et important. D’après les témoignages archéologiques et épigraphiques, il y avait deux prêtres (peut-être trois dans le Ier siècle avant J.-C.), nommés à vie. La succession des prêtres marquait la chronologie de Delphes. Un autre office à vie était celui de neokoros, dont les tâches ne sont pas particulièrement claires, mais il aurait pu être une sorte de surintendant du temple. Nous savons, cependant, qu’il était présent dans tous les actes de libération des esclaves, comme l’attestent les inscriptions d’affranchissement. Plutarque, lui-même un prêtre à Delphes pour une grande partie de sa vie, parle aussi des Hosioi, un conseil composé de cinq hommes, tête duquel était le “presvys” (personne âgée). Ces hommes étaient présents lors de plusieurs cérémonies, mais ils doivent avoir joué un rôle aussi dans l’administration des biens du sanctuaire. Des rôles administratifs ont été joués également par les protecteurs et les épimelètes (curateurs), qui entreprenaient plusieurs tâches de caractère pratique au cours de diverses célébrations.


La fondation de l’Oracle de Delphes

Selon le mythe, Zeus a décidé de fonder un oracle au centre du monde. Afin de trouver le site convenable, il a laissé deux aigles s’envoler, le premier vers l’Est et le second vers l’Ouest. Les deux aigles se sont rencontrés par-dessus de Delphes, ainsi suggérant que c’était là le centre du monde, le nombril (Omphalus) de la terre.
Par rapport à la géographie, Delphes se trouvent au cœur de la Grèce centrale. La vallée de la petite rivière de Pleistos constitue le passage naturel de la Grèce de l’est vers la Grèce de l’ouest. En même temps, des études topographiques ont montré que la route qui commençait du port de la vallée du Pleistos, à savoir Cirrha, et passait à travers Amphisse et Gravia et la région d’Oitè, joignait le golfe de Corinthe avec la Thessalie depuis l’époque mycénienne (1500-1100 av. J.-C.).

Delphes furent bâtis sur les ruines d’un habitat mycénien. Selon la tradition, au début il existait un sanctuaire dédié à la divinité féminine de Gaia (la Terre) gardé par le dragon effrayant Python. Apollon a tué Python et il a fondé son propre sanctuaire, où il a placé comme prêtres des Crétois, qui sont arrivés à Kirrha, le port de Delphes, en suivant le dieu transformé en dauphin. Ce mythe s’est perpétué dans les représentations des célébrations et fêtes qui avaient lieu à Delphes, à savoir celles des Septéria, Delphinia, Thargélia, Theofaneia et finalement, les Jeux Pythiques qui étaient célébrés afin de commémorer la victoire du dieu contre Python et qui comprenaient des concours de musique et des courses gymniques.

Les fouilles archéologiques ont révélé des figurines féminines et un ustensile cérémonial, des éléments considérés comme la preuve archéologique de la tradition littéraire plus tardive concernant l’existence d’un Oracle “primitif” dont la première divinatrice était la déesse Gaea. Cette tradition fut adoptée par les prêtres delphiques et accentuée par les poètes du Vème siècle av. J.-C. La recherche moderne conteste la vérité historique du mythe, considérant que le placement chronologique de la fondation de l’Oracle lors de la période préhistorique s’adapte au schéma théogonique, selon lequel le panthéon grec se développe des divinités du pègre en dieux célestes.

Voir aussi: A la base des sources écrites, les versions suivantes du mythe sur la fondation du Sanctuaire de Delphes et Le développement historique de l’Oracle

L’Amphictyonie Delphique

L’Amphictyonie ou Amphictionie était l’assemblée continue des “amphictyons”, c’est-à-dire ceux qui habitaient tout autour d’un sanctuaire. Son établissement était d’abord dicté par le besoin de prendre des décisions concernant les sanctuaires, mais graduellement et à cause des rencontres souventes entre les représentants des états, on avait l’occasion d’échanger des opinions sur d’autres points d’intérêt commun, ainsi que pour résoudre des différends. L’établissement d’amphictyonies fut une procédure développée au milieu du VIIIème s. av. J.-C. Malgré la présence de nombreuses amphictyonies, le terme Amphictyonie est bientôt venu de suggérer seule l’amphictyonie delphique.

Le siège de l’Amphictyonie fut initialement le sanctuaire de Déméter “Amphictyonis” près d’Anthéla, aux Thermopyles (les “Pylai” antiques). A partir du VIIème s. av. J.-C. et après la Première Guerre Sacrée, le siège fut transféré au temple d’Apollon à Delphes, déclaré par les Amphictyons comme une ville indépendante, afin de ne pas dépendre d’aucun des états-membres. Elle tenait ses réunions deux fois par an, au printemps (Earini Pylaia) à Delphes et en automne (Oporini Pylaia) aux Thermopyles (d’où l’appellation Amphictyonie des Pylae-Delphes).

Le siège de l’Amphictyonie fut initialement le sanctuaire de Déméter “Amphictyonis” près d’Anthéla, aux Thermopyles (les “Pylai” antiques). A partir du VIIème s. av. J.-C. et après la Première Guerre Sacrée, le siège fut transféré au temple d’Apollon à Delphes, déclaré par les Amphictyons comme une ville indépendante, afin de ne pas dépendre d’aucun des états-membres. Elle tenait ses réunions deux fois par an, au printemps (Earini Pylaia) à Delphes et en automne (Oporini Pylaia) aux Thermopyles (d’où l’appellation Amphictyonie des Pylae-Delphes).

Les sources plus tardives (Eschine, Sur la fausse ambassade, 116) mentionnent comme membres les douze tribus suivantes: Ainianes, Achéens, Phthiotides, Béotiens, Dolopes, Doriens [initialement les habitants de la Doris en Grèce Centrale et par la suite les Doriens du Péloponnèse, surtout les Spartiates], Thessaliens, Ioniens [Athéniens et Eubéens], Locriens, Maliens, Magnètes, Perrhèbes et les Phocidiens.

L’Amphictyonie était gérée par le Conseil Amphictyonique et par l’Ekklésia (assemblée) amphictyonique. Le Conseil était formé des Hiéromnémons, à savoir les 24 membres ordinaires élus par tirage au sort entre les 12 tribus de l’Amphictyonie (deux voies pour chaque tribu), les Pylagores, un Sécretaire et un Héraut sacré.

Les Hiéromnémons formaient le conseil administratif et ils étaient chargés de toutes les affaires du sanctuaire.

Les Pylagores ou Agoratroi étaient les représentants des villes amphictyoniques, élus chaque année et chargés avec la défense des intérêts de leurs villes auprès du conseil de l’Amphictyonie.

Finalement, l’Ekklésia Amphictyonique était formée par les Hiéromnémons, les Pylagores et ceux qui se trouvaient pour toute raison au Sanctuaire lors de ces réunions. L’Ekklésia était chargée seulement avec la publication des résolutions et elle n’avait pas de pouvoirs significatifs.

Dans la plupart des cas, l’assemblée se déroulait sans secousse. Toutefois, la concurrence ne manquait pas pour la préséance: au VIème s. av. J.-C. c’étaient les Thessaliens qui prédominaient, lors du Vème et du IVème s. av. J.-C. les Spartiates et après 371 av. J.-C. les Béotiens. Philippe dominait par la suite – après 346 av. J.-C., les Etoliens lors du IIIème s. av. J.-C. et les Romains à partir du 168 av. J.-C. Durant la période romaine, le rayonnement panhéllenique de l’institution de l’Amphictyonie est diminué et par la suite l’empereur Hadrien a établi une nouvelle organisation visant à unifier les Grecs, le Panhéllenion.

Le changement dans la dominance des tribus n’a pas eu lieu sans entraves. Les dites “guerres sacrées” y sont liées.

Le déclin de l’Amphictyonie Delphique

En 336 av. J.-C., après le meurtre de Philippe, Alexandre a réussi à faire reconnaitre son hégémonie sur les Grecs lors du Conseil Amphictyonique à Thermopyles.
En 279 av. J.-C. les Phocidiens sont redevenus membres de l’Amphictyonie parce qu’ils ont défendu le sanctuaire contre les Goths et les Etoliens ont acquiert un vote, car ils avaient déjà établi leur dominance sur le sanctuaire suite à leur victoire contre les Galates. En 171 av. J.-C., l’Amphictyonie comptait 17 membres, dont seulement les plus puissants disposaient 2 votes.
Il devient clair que la diminution de l’importance politique de la cité-état au profit des nouvelles entités politiques, à partir de la période hellénistique, engendrait aussi la diminution de l’importance de l’Amphictyonie. Le fait que l’intervention violente des Etoliens n’a pas provoqué de guerre sacrée en témoigne… Toutefois, l’institution a continué de fonctionner même durant l’occupation romaine, mais son rôle fut limité juste à la défense du sanctuaire. Auguste a regroupé les Ainianes, les Maliens, les Magnètes et les Phocidiens avec les Thessaliens et la vote des Dolopes, qui avaient disparus, fut donnée à Nicopolis, la ville qu’il avait fondé en 28 av. J.-C. à Epire.

Le Panhéllenion

En 131/2 ap. J.-C., l’empereur Hadrien a créé selon le modèle de l’Amphictyonie une nouvelle organisation pour les villes grecques de l’empire entier, le “Panhéllenion”. La cérémonie officielle de son établissement a eu lieu dans le cadre de l’achèvement et de l’ouverture du temple de Zeus Olympien par l’empereur à Athènes.

Au Panhéllenion participaient des villes d’au moins cinq provinces romaines:Achaïa, Macédoine, Asie, Thrace et Crète-Cyrénaïque, qui sont parvenues à prouver leur descendance hellénique. Chaque ville était représentée par un Panhéllène qui servait pendant un an, alors que le chef de l’institution était le chef de tout le Panhéllenion, appointé pour 4 années. Athènes fut établie en tant que siège du Panhéllenion et du déroulement des jeux homonymes, ainsi devenant un des centres religieux les plus importants de l’époque, ce que l’a aidé à préserver son caractère cosmopolite.

Le Panthéon, une basilique d’une capacité de 6.000-10.000 personnes à l’est de l’agora romaine à Athènes, est identifié par des nombreux chercheurs avec le lieu de déroulement des Panhéllenia et Hadrien était probablement vénéré aux côtés de Zeus Panhellène et d’Héra Panhellène dans le temenos de Zeus Olympien. Mais lors des dernières années de la dynastie des Antonins, le centre cultuel fut transporté à Eleusis, où il parait d’avoir resurgi la coutume ancienne d’offrir les premiers fruits – les dits aparchés (début) – par les villes helléniques au sanctuaire de Déméter et de la Koré.

L’établissement du Panhéllenion – une des plus importantes institutions politiques et culturelles de la période des Antonins – constitue une des plus considérables interventions d’un empereur romain à la course intellectuelle et artistique du monde grec et il révèle la volonté d’Hadrien de communiquer avec l’ensemble des villes grecques. Son caractère politique reste discutable, mais il pourrait être dû aux difficultés inhérentes des villes à s’entendre. Cette institution s’est effacée avec la mort d’Hadrien.

Introduction

Les Jeux Pythiques étaient les  jeux  panhélleniques en seconde niveau d’importance en Grèce, après les jeux Olympiques. Selon la tradition, après avoir tué Python, Apollon a établi des compétitions musicales afin de commémorer ce fait.

Le début des Jeux remonte au début du 6ème siècle avant J.-C., bien que certaines célébrations doivent avoir existé auparavant. Au début, les jeux se déroulaient tous les 9 ans – la durée de l’absence d’Apollon, afin qu’il soit purgé du meurtre de ce monstre. On chantait des péans pour honorer le dieu, sous la musique de la guitare. Les jeux se déroulaient près de Krissa et les vainqueurs recevaient un prix en argent.

Après la Première Guerre Sacrée, les jeux furent réorganisés suivant le modèle des Jeux Olympiques et ils étaient célébrés tous les 4 ans, à la troisième année de chaque Olympiade, au mois de Boukation (fin août) et sous la supervision des Hieromnémons.

Actions Préparatoires

La préparation pour les jeux commençait six mois à l’avance. Neuf citoyens de Delphes, les Théores, étaient envoyés à toutes les villes grecques pour annoncer le début des jeux, afin d’attirer des athlètes mais aussi de déclarer l’Hieroménie, la période de la Trêve Sacrée. La trêve ne visait pas seulement à protéger les Théores et les athlètes en déplacement, mais aussi le temple d’Apollon à Delphes. Si une ville s’impliquait dans un conflit armé ou dans des  escroqueries pendant ce temps-la, il lui était interdit d’entrer au Sanctuaire et ses citoyens n’avaient pas de droit de participer aux Jeux ou conseiller l’Oracle. En même temps, la trêve permettait à l’Amphictyonie de se concentrer sur la préparation pour les jeux, qui incluait la réparation et l’embellissement de toutes les constructions du Sanctuaire, des temples jusqu’aux rues et fontaines.

Dans le contexte de cette réforme, on a introduit des épreuves équestres et gymniques et les vainqueurs recevaient des couronnes de laurier comme prix, coupées du plus ancien laurier de Tempi, aux bancs de Pineios, par un ‘pais amphithales’ (Plutarque, Moralia 1136α), un adolescent dont tous les deux parents étaient vivants. Nous ne disposons pas d’informations adéquates sur le programme et la durée des concours. Notre source d’information principale est Pausanias (Phocide 7) et selon cette source, les Jeux Pythiques duraient 6-8 jours, à partir du 586 av. J.-C. et ils se déroulaient dans plusieurs endroits de la Terre Sacrée de Delphes et, plus tard, au stade, au gymnase, au théâtre, à l’hippodrome.

Le programme

Les trois premiers jours comprenaient les cérémonies religieuses. Le quatrième jour commençait par la compétition musicale qui, lors de la première année, incluait la chanson accompagnée de la guitare, la musique de la flûte et la chanson de deuil accompagnée de la flûte. Cette dernière fut abolie déjà depuis les deuxièmes Jeux Pythiques, car il fut considéré que des chansons de lamentation n’étaient pas appropriées pour cette célébration. Plus tard, des compétitions de peinture ont été introduites lors du 5ème s. av. J.-C., des compétitions de danse furent ajoutées lors du 4ème s. av. J.-C. et les compétitions de théâtre furent ajoutées lors de la période Romaine, accompagnées par une augmentation de la durée de la compétition musicale.

La compétition athlétique commençait l’avant-dernier jour, avec quatre épreuves (stadium, diaulos, dolichos et course à armes), boxe, pugilat, pancratium et finalement, le pentathle. Ces sports furent établis graduellement, comme les jeux se sont déroulés avec le temps.

Le même s’est passé avec les sports du jour final, qui était dédié aux épreuves équestres, et qui ont graduellement inclut: la course des chevaux à harnais, la «synóris» (un char tiré par deux chevaux), le char tiré par quatre poulains, la course sur poulain (sans char).

Pindare, le poète des jeux

Pindare était né en 522 ou en 518 av. J.-C., à Cynoscéfales, un bourg de Thèbes. Il mentionne que sa naissance a coïncidé avec une célébration des jeux Pythiques (Vita Ambrosiana, frgm. 193), mais on n’est pas certain si il s’agissait des jeux de 522 ou de 518 av. J.-C. La date de sa mort nous est inconnue. A partir de la datation de son dernier poème subsistant, les chercheurs ont arrivé à la conclusion qu’il s’est décédé vers 446 av. J.-C. Il a conclut son entraînement poétique à Thèbes ainsi qu’à Athènes. Grâce à sa réputation, sa maison est devenue une des curiosités à visiter à Thèbes et Arrien mentionne qu’Alexandre le Grand, en signe d’appréciation pour le poète, a épargné sa maison de la destruction avec laquelle il a puni la cité entière en 335 av. J.-C. (Arrien, Anabase 1.9.10).

Pindare travaillait sur la poésie lyrique pour les choeurs. La plupart de ses œuvres qui ont survécu jusqu’à nos jours sont les Odes de Victoire (Epinikia), des chansons chorales chantées à la patrie du vainqueur lors de la célébration de sa victoire ou même à l’endroit de la compétition.

L’aristocratie grecque de la première moitié du 5ème s. av. J.-C., surtout les tyrans de Sicile et l’aristocratie conservative d’Egine, furent les clients principaux du poète, car ils considéraient qu’il était un panégyriste excellent des anciennes valeurs aristocratiques menaces, surtout dans un moment des changements politiques importants.  

L’éloge du succès athlétique du vainqueur et de sa vertu, de sa famille et de sa fortune est une occasion de célébrer les valeurs aristocratiques. L’éloge du vainqueur est renforcé car il est combiné avec le mythe, ce qui nécessite la compréhension du contenu du poème, ainsi qu’un public bien informé. Le poète utilise son art pour parler non seulement de la victoire de son client et de sa famille, mais aussi pour accentuer l’histoire de la famille et ses connexions partout en Grèce. Dans ses Odes, Pindare inclut des proverbes et des aphorismes, qui sont souvent concis et étincelants, sous forme des remarques générales sur l’existence humaine, les caprices de la fortune et, souvent, des observations moralistes.

Ces 45 hymnes victorieux qui sont préservés jusqu’à nos jours mentionnent les vainqueurs dans les quatre compétitions athlétiques panhélleniques les plus connus et ils sont divisés en quatre groupes: ils célèbrent des victoires dans les Jeux Olympiques, Néméens, Pythiques et Isthmiens. Les hymnes célébrant les victoires des jeux Pythiques incluent 12 odes.

Les Jeux Pythiques ont duré jusqu’en 393/4 ap. J.-C., quand ils furent abolis par l’empereur Théodose I. 

 

 Festivals divers

Mis à part les Jeux Pythiques, les inscriptions offrent de l’information sur d’autres jeux qui se déroulainet en Delphes,  les Sotéria. Comme en témoigne son nom, ce sont les jeux établis au nom d’un salut de quelques ennemis, nul autre que la victoire contre les Galates, qui avaient été vaincus par la Ligue étolienne. Au commencement les Sotéria ont été  célébrés chaque année, comprenant des competition en composition musicale, en danse et en representation théâtrale; les gagnants ont été offerts des prix en argent. Depuis plusieurs années, c’ était l’Amphictyonie qui était en charge de ces Jeux, mais, autour de 244 av. J.-C. les Étoliens avaient entrepris la tâche eux-mêmes et ont réformé les Jeux. Dès ce moment-la les Jeux avaient lieu tous les cinq ans, les participants ont contesté dans la musique, dans des courses hippiques et des jeux de nus, alors que le prix était une couronne de laurier. Le Soteria se sont probablement arrêtés dans le 1er siècle avant J.-C, probablement en raison de l’attaque par Sylla en 86 avant J.-C, qui a également marqué la cessation des Jeux Pythiques.

Il semble que dans la fin du 3eme siècle et certainement à partir du 2ème siècle les Amphictyons étaient prêts à accepter la création de nouveaux jeux, à condition que ceux qui suggéraient leur introduction pourraient également les financer. Ainsi, nous savons que des jeux avaient lieu en l’honneur des rois de Pergame, à savoir l’Attaleia et Eumeneia, qui ont toutefois été financés par les rois eux-mêmes. Même un riche citoyen de Kalydon en Étolie, Alkissipos, a réussi à obtenir sa propre célébration annuelle, à savoir les Alkessippeia, faisant don d’une grosse somme d’or et d’argent autour de 182/1 av. J.-C.; Bien que cette célébration ne comprenait pas les jeux, il semble qu’il comprenait une procession rituelle, un sacrifice et un repas en commun.

Mis à part les Jeux et célébrations reguliers, il y avait aussi les manifestations extraordinaires, qui ont été organisées à l’occasion d’événements spéciaux. Ce fut le cas des Pythaides athéniennes, pour lesquelles les inscriptions du Trésor des Athéniens sont si éloquentes. Nous savons de quatre Pythaides qui ont eu lieu dans la période de 138 à 98 avant JC Tous les quatre d’entre eux comprenait une procession rituelle d’Athènes à Delphes, dirigée par d’éminents citoyens; les manifestations incluaient aussi des sacrifices et rituels et, enfin, les courses de chevaux et des concours musicaux. Les inscriptions avec les hymnes d’Apollon qui ont été conservées sur le mur sud du Trésor des Athéniens ont été sculptées exactement à l’occasion de ces Pythaides.

Renaissance

Au début du ΧΧème siècle, le poète Angélos Sikélianos a été vivement intéressé dans l’esprit de l’Antiquité grecque et il a conçu l’idée de créer un noyau intellectuel d’envergure globale à Delphes, qui serait capable d’apaiser les contrastes des peuples (l’«Idée Delphique»). Afin de poursuivre ce but, Sikélianos, avec l’assistance et l’aide financière de son épouse, Eva Palmer-Sikelianos, a commencé de livrer des nombreuses lectures et de publier des études et des articles. En même temps, il a organisé les «Fêtes delphiques» à Delphes. A part des représentations de théâtre antique, l’«Idée Delphique» comprenait l’«Association Delphique», une association mondiale aspirant à fraterniser les peuples, ainsi que l’«Université Delphique», qui visait à unifier les traditions de tous les pays dans un seul mythe.

La première Fête Delphique a commencé le 9 mai 1927 et elle a duré trois jours. Elle comprenait des représentations des tragédies par des acteurs amateurs (Prométhée Enchaîné d’Eschyle), des compétitions avec des athlètes nus, des concerts de musique byzantine, des conférences et des expositions d’art folklorique. Le festival fut répété le 1er mai 1930, avec une représentation des Suppliantes d’Eschyle. L’interprétation de la tragédie visait la renaissance de la culture de l’antiquité, mais la musique accompagnant les choraux était composée dans le style byzantin. Les costumes ont été créés par Eva Sikelianou elle-même, à la base des modèles d’art folklorique.

Des nombreux chercheurs, artistes et journalistes, venant de tous les coins du monde, ont assisté aux manifestations et ils les ont accueillies avec des commentaires et des articles enthousiastes; pourtant il y avait aussi un certain criticisme négatif. En tout cas, ce premier effort de ressusciter le théâtre ancien dans des sites archéologiques a donné l’élan pour répéter d’autres efforts par la suite, tels que le Festival d’Epidaure, qui a été inauguré en 1955.

Malgré le fait que les Fêtes Delphiques ont considérablement propulsé le tourisme et la diffusion de l’art folklorique en Grèce ainsi qu’ à l’étranger, ils ne furent pas répétés, parce que le couple Sikélianos, qui avaient entrepris presque tous les dépenses, ont été financièrement dépourvus; il faut noter que Sikélianos n’avait pas accepté aucune subvention de l’Etat grec. 

Le Centre Culturel Européen de Delphes

Dans une certaine manière, la vision d’Angélos Sikélianos a survécu à travers le “Centre Culturel Européen de Delphes” contemporain, fondé en 1977 par l’initiative de Konstantinos Karamanlis, qui était premier ministre à l’époque. Selon la loi régissant cet établissement, le CCED poursuit le «développement des éléments culturels communs qui unifient les peuples d’Europe». Aujourd’hui, le CCED organise ou abrite plusieurs manifestations culturels et artistiques, ainsi que des séminaires, des conférences et des programmes éducatifs relatifs à la civilisation grecque antique et à l’idée de la fraternité des peuples. Le Musée des Festivals Delphiques appartient au CCED et il est abrité dans la maison d’Angélos et Eva Sikélianos à Delphes. Il inclut du matériel photographique et imprimé unique venant des Festivals Delphiques, ainsi que des costumes utilisés dans les représentations de tragédie, le métier à tisser illustre d’Eva Sikelianos, des textes manuscrits par le poète et d’autres objets.

Le Conseil International Delphique

En 1983, M. J. Christian Β. Kirsch a établi la “Musica Magna International” à Munich, aspirant de restituer les Festivals Delphiques. Cette initiative fut soutenue par Federico Mayor Zaragoza, Directeur-Général de l’UNESCO. En 1994, 100 ans après la renaissance des Jeux Olympiques, des représentants de 20 nations venant des 5 continents ont accepté l’invitation du fondateur du mouvement contemporain delphique, durant la conférence d’établissement du “Conseil International Delphique” (CID) à Berlin. L’assemblé qui a établi le Conseil International Delphique s’est réunie le 15 décembre 1994 au Château Schoenhausen à Berlin.

Le CID est l’autorité compétente supérieure du Mouvement Delphique. Ses membres sont les Conseils Nationaux Delphiques (CND) ainsi que des personnalités des domaines de l’art, de la culture, de l’éducation, de la finance, ainsi que des associations et des institutions. Le Comité Administratif du CID est le Conseil Exécutif. Suivant le modèle de l’Antiquité Classique, celui-ci s’appelle l’Amphictyonie et il est composé de 12 membres élus. La mission la plus importante du CID est de renforcer le Mouvement Delphique et d’organiser des Compétitions Delphiques Internationales et des Compétitions Delphiques adressées aux Jeunes, afin de contribuer à la compréhension entre les peuples et les cultures du Monde. La compétition inclut les catégories suivantes: Arts Musicaux, Arts Visuels, Littérature, Beaux Arts, Arts Sociaux, Architecture & Ecologie. Les vainqueurs reçoivent une médaille, une lyre et une couronne de laurier.

Le paysage delphique

Le site archéologique de Delphes et la région entourée des massifs du Parnasse, de Giona et de Kirphi et étendue entre les habitats d’Amfisse, d’Arachova, des Delphes, de Desfina, d’Itéa, de Kirra, de Agios Georgios (Saint-Georges), de Agios Constantinos (Saint-Constantin) et de Sernikaki, constitue un monument de haute esthétique, de valeur historique mondiale et d’importance artistique exceptionnelle; c’est pour ça qu’ il est inscrit dans la Liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

A part les monuments du site archéologique des Delphes, la région comprend aussi plusieurs monuments et sites archéologiques de la période préhistorique jusqu’ à l’époque moderne, d’une valeur archéologique, historique, esthétique et sociale exceptionnelle, lesquels forment, avec leur entourage rural et forestier, le soi-disant paysage delphique; ils constituent des témoins de l’histoire de la région et ont contribué à la formation d’un centre éducatif et spirituel avec des valeurs intemporelles et universelles.

Afin de protéger la région qu’on appelait dans l’antiquité “terre sacrée” et on avait dédié au dieu Apollon, l’Etat grec a déjà dès 1991 institutionnalisé les zones de protection afin de maintenir intacte “la qualité unique du monument qui naquit de l’harmonie entre les ruines du sanctuaire et l’environnement intact (…). On doit avoir laissé son regard se trainer de la mer grise des arbres d’olives jusqu’ a la vallée de Pleistos et dessous, sur la mer pétillante de la Baie de Itéa, afin de se rendre compte que la fonction de Delphes était d’unir les habitants des régions terrains et insulaires dans des rituels et festivals communs”, selon le rapport de l’ICOMOS pour l’admission de Delphes dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

La géomorphologie de Delphes 

Delphes sont fondés au pied du volume imposant des Phédriades, deux rochers immenses qui appartiennent à la partie sud du massif du Mont Parnasse. Ils occupent un plateau étroit, peut-être le seul passage qui menait de l’Attique et de la Béotie vers le cœur de la Phocide et la Grèce occidentale. L’examen des fossiles a démontré que les rochers appartiennent à la période jurassique et crétacé. Les sols les plus moles sont surtout des roches calcaires, du schiste et des flysches. Dans nombreux endroits les plaques de schiste suivent des directions différentes, présentant ainsi des discontinuités, tout comme à l’emplacement exact du temple d’Apollon. Ceci résulte au fait que ces points aient une sensibilité accrue envers l’activité séismique, mais aussi envers la corrosion du sol. Ceci explique le  fait que, même si construits sur un emplacement montagneux et rocheux, les bâtiments de Delphes furent blessés à maintes reprises dans leur longue histoire par des séismes qui les ont entièrement détruits. D’autre part, la corrosion ainsi que le glissement des plaques, constituent des facteurs majeurs d’usure, ayant résulté d’un part aux effondrements de grands rochers, comme ceux qui ont détruit le premier temple en tuf à Marmaria et d’autre part au glissement constant du sol par-dessous des monuments antiques, particulièrement aux emplacements ayant une pente considérable, comme celui du théâtre antique de Delphes. 

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